Partager l'article ! Antoine et Cléopâtre: Non, rien n'est plus certain, Iras : d'insolents licteurs Voudront nous attraper comme des catins, et de vi ...
Non, rien n'est plus certain, Iras : d'insolents
licteurs
Voudront nous attraper comme des catins, et de vils baladins
Feront de nous des chansons criardes : les délurés comédiens
Nous joueront au théâtre impromptu et représenteront
Nos orgies alexandrines ; Antoine
Sera produit ivre sur la scène, et je verrai
Quelque piaillante Cléopâtre, un garçon, singeant ma grandeur
Avec les gestes d'une prostituée. (V, 2)
Cléopâtre, dont je vous ai déjà parlé, est un personnage fascinant, dont l'histoire, victime de la propagande augustéenne, tient beaucoup de la légende. Où est le vrai, où est le faux ? On ne le saura sans doute jamais, tant on a écrit et réécrit à son sujet, en faisant un personnage mythique. Cette histoire m'intrigue tellement que j'avais songé un moment à en faire mon sujet de thèse, et dans mon corpus envisagé, il y avait bien évidemment cette pièce de Shakespeare.
Antoine est en Egypte et passe de doux moments avec la séduisante Cléopâtre. Accusé d'être "joujou d'une prostituée", "glouton amoureux", il est la risée de tous à Rome, et César/Octave (futur Auguste) en profite pour essayer de s'accaparer le pouvoir. Antoine doit alors rentrer à Rome mettre de l'ordre dans tout ça et tacher d'éviter une guerre, mais en pure perte...
Alors bien sûr, l'intrigue de cette pièce est avant tout politique, mais évidemment, ce n'est pas ce qui m'a le plus intéressée : ce qui me fascine, c'est l'histoire passionnelle et passionnée d'Antoine et Cléopâtre, histoire tragique dont la fin repose sur les mêmes ressorts que Roméo et Juliette. J'aime que Shakespeare n'ait pas cédé à la tentation de faire de Cléopâtre un être franchement détestable, j'aime qu'il l'ait faite passionnée et amoureuse, excessive dans ses démonstrations, mais un peu manipulatrice tout de même. J'aime aussi, comme toujours chez Shakespeare, l'alternance du grotesque et du sublime, de la comédie et de la tragédie, qui se traduit par le passage incessant de la prose au vers, et qui donne une impression de totalité et de vie.
Bref, une belle pièce à découvrir si ce n'est pas déjà fait, qui n'est pas ma préférée de l'auteur mais qui reste tout de même indispensable.
Les autres participants sont chez Claudia Luccia et Maggie
Les autres participants sont chez Leiloona

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Voici une pièce que je pense n'avoir jamais lue dans son intégralité, mais tu me donnes envie de remédier à ce défaut !
Alors j'en suis contente ;-)
ahhhhh ! Je l'ai dans ma PAL : je dois le lire après avoir lu ton billet !
je rajoute un lien . Merci pour ce beau billet !
De rien, et bonne lecture alors !
Shakespeare... ouhhh, ça fait longtemps! Je ne m'en sens pas le courage pour m'y replonger en ce moment...
Arfff, c'est clair que ce n'est pas toujours le moment !
J'ai lu beaucoup Shakespeare a une poque mais pas celle là je pense !
Et cela te tente ?
Il faut que je la relise car j'en ai un souvenir lointain. Ce billet me donne envie de m'y replonger très prochainement.
Super !
ET voilà j'ai ajouté les liens ...
Décidément, en faisant l'impasse sur toutes les pièces historiques de Shakespeare, je vois en te lisant que je passais à côté d'oeuvres qui en valent la peine.
Oui, il y a des trucs chouettes !